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Joseph Gallix

Le combat continu

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Ce docu­men­taire por­tant sur le conflit des ouvriers amié­nois de Goodyear fut mené entre Mars et Mai 2013.
Nous avons ici affaire à un conflit social comme nous en connais­sons beau­coup en France, qui hormis toutes les don­nées par­ti­cu­liè­res à sa situa­tion, ses acteurs et ses enjeux pro­pres eut la par­ti­cu­la­rité de durer sept ans.
Cette par­ti­cu­la­rité a crée pour moi un ter­rain pro­pice à aller tra­vailler sur ce sujet sans être dans le trai­te­ment d'actua­lité et pou­voir creu­ser dans la réa­lité humaine du conflit. Ainsi je me suis tout d'abord atta­ché à ren­contrer des sala­riés chez eux, parler avec eux, les écouter, com­pren­dre leurs moti­va­tions dans cette lutte et pho­to­gra­phier leur inti­mité en étant enri­chit par nos échanges préa­la­bles.
Ces images repré­sen­tent le coeur du projet car c'est dans la sphère intime que se révè­lent nom­bres d'indi­ces et de clés de com­pré­hen­sion de ces per­son­nes et de leur combat.
Cependant l'accès à leur inti­mité et leur confiance eut un prix, celui de l'écriture. Dès mon arri­vée à Amiens et mes pre­miers pas vers les sala­riés je com­pris que toute per­sonne par­lant de photos et de ren­contre était consi­déré comme un jour­na­liste et un trai­tre poten­tiel.
Si nombre d'entre eux se sont lais­sés aller un jour ou l'autre à se confier à un jour­na­liste, la plu­part a été bles­sée de voir les cou­pu­res servir le spec­ta­cle média­ti­que, ne mon­trer que l'énervement plutôt que les propos intel­li­gi­bles.
Face à cela mon choix fut de me démar­quer, pro­met­tre de ne pas écrire per­son­nel­le­ment pour ne pas trahir. N'étant pas per­son­nel­le­ment à l'aise avec l'écriture cette posi­tion loin de me gêner me donna une raison de plus de tout miser sur les images.